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Jour 30: Camp 3 – Camp 4

Texto de Stéphane pour confirmer leur arrivée au Camp 4.

L’étape a été difficile, notamment a cause de la quantité de neige fraiche qu’il faut tasser pour faire le chemin.

Il faut savoir que l’étape Camp 3 – Camp 4 est probablement la plus difficile de l’ascension, au moins du point de vue technique, exposée aux avalanches. Les pentes à 35°/40° avec un ressaut à 70°.

Après le camp 3 et une courte partie plate, L’équipe a du grimper une pente de 400 mètres à 45° (quelques passages plus raides) équipée de cordes fixes. Enfin l’équipe débouche sur le camp 4, à 7400 mètres d’altitude. L’emplacement peut être exposé au vent…

Le départ pour le sommet est toujours prévu cette nuit à 1h00….

Jour 24: Camp de base

C’est au tour de Stéphane de donner des nouvelles aujourd’hui. Tout semble s’aligner pour le sommet. On croise les doigts pour que la fenêtre météo se confirme…..



Cliquez ici pour écouter le message!

Stéphane, du Camp de base

Jour 22: Camp de base – Camp 1

De retour au Camp 1, Stéphane et son équipe constatent les dégâts causés par la tempête de neige.

Frédéric nous explique en quoi consiste le programme des prochains jours.

Jour 19: Camp de base

Un long long email de l’équipe, du camp de base.

L’équipe est de retour au camp de base après une virée d’altitude de 4
jours. Tout le monde va bien malgré la fatigue accumulée par les efforts
réalisés ces derniers jours.
Après une remontée au camp I et une nuit moins difficile à 5700 mètres,
l’équipe a remonté le glacier descendant du Manaslu afin d’atteindre le
camp II. Cette montée alterne passages sur corde fixe pouvant être raides
(70°), passages de ponts de neige, contournements de crevasses larges et de
séracs imposants.

montée vers le Camp II

montée vers le Camp II


Après cinq heures d’efforts, le camp II a été installé
et a permis à l’équipe de dormir à 6400 mètres.
Belle météo le lendemain, ce qui a permis de déjeuner à l’extérieur des
tentes et de se préparer en vue de la montée au camp III. L’itinéraire
permettant d’accéder au camp III s’inscrit sur de larges pentes peu raides
(max 30°) descendant du col nord. Malheureusement, l’accumulation de
beaucoup de neige a nécessité d’avancer péniblement avec de la neige
jusqu’à mi-cuisse et les efforts collectifs de l’équipe ainsi que d’un
italien et de deux polonais ont été nécessaires pour avancer petit à petit
dans l’épais manteau neigeux. Pour compliquer le tout, le ciel s’est bouché
après une heure d’efforts et c’est par des intermittences de visibilité que
le col Nord du Manaslu situé à 6800 mètres a pu être atteint en six heures.
Au niveau du col, les conditions météo ont totalement changé et ont révélé
le caractère himalayen de cette aventure. Des vents importants et des
pentes glacées ont rendu les cents derniers mètres jusqu’au camp III plus
délicats. Le froid et l’altitude se sont fait sentir fortement.
Les premiers membres de l’équipe ont atteint avec soulagement un
emplacement à peu près plat sous un sérac en espérant y trouver un refuge
contre le vent et le froid. Hélas, le mur de glace surplombant
l’emplacement ne brisait pas les assauts du vent et c’est dans une ambiance
polaire qu’une première tente très légère (simple toit) a pu être montée.
Deux anciennes tentes utilisées par une expédition coréenne étaient
enfouies sous la neige, l’une d’elle étant déchirée et déformée par les
bourrasques. Nous n’avions pas prévu d’utiliser ces tentes témoignant du
caractère inhospitalier de ce lieu et avions emporté deux tentes
supplémentaires pour abriter l’ensemble de l’équipe. Coup du sort du
Manaslu, peut-être pour tester notre valeur : ceci ne fût pas possible à
cause du vent. Une forte rafale de vent emporta une tente Ferrino au loin
lors de son montage avant d’être solidement amarrée. La perte imprévue de
cette tente devant abriter 3 membres de l’équipe était dramatique, comment
se protéger du froid de la nuit et du vent sans cette tente ? Pour aggraver
la situation, le double toit de la troisième tente fût également arraché
par le vent et les armatures furent brisées, ne laissant qu’un abri
primaire pour les trois membres de l’expé devant y dormir.
La situation devenait précaire et incertaine à 6900 mètres. La première
tente coréenne étant occupée par les alpinistes italiens et polonais, seuls
les restes de la seconde tente pouvaient éventuellement servir. C’est donc
en la dégageant de sa prison de glace, en évacuant la neige dans la tente,
en renforçant sa structure précaire avec des ancres à neige qu’un petit
espace d’un mètre carré pu être remis en état pour abriter les trois
occupants malheureux de la tente Ferrino disparue. Pendant ce temps, les
mêmes efforts furent entrepris afin de réparer et fixer la tente sans
double toit sur l’espace un peu près horizontal sous le sérac en espérant
que cela tiendrait.
Dans cette scène de lutte contre le vent et le froid, deux membres de
l’expé victimes d’hypothermie et de fatigue erraient dans la scène ne
sachant ni que faire ni ou aller.
La nuit fut dure et longue. Le vent a soufflé sans relâche du soir au
matin. A chaque ouverture de tente la neige légère entrait dans l’espace et
tapissait l’intérieur d’une pellicule de givre.
Les personnes de la tente légère étaient les premiers situés face au vent
et ont enduré des vents allant jusqu’à 120 km/h, espérant ne pas être
emportés par une bourrasque plus forte que les autres. Leur seul confort
était d’être un peu protégé du vent par la mince paroi de toile. Dans la
tente effondrée des coréens, le manque d’espace initial s’amplifiait au
cours de la nuit par la neige qui s’accumulait à nouveau contre les parois
de la tente. Petit à petit, le froid et la pression de la neige s’exerçant
sur les parois se transmettait aux corps déjà à l’étroit des alpinistes
confinés à l’intérieur. La troisième tente, un peu plus grande, ne
protégeait guère plus suite à la perte du double toit ….Le sommeil ne fut
pas au rendez vous au camp III cette nuit là.
Au matin, les membres éprouvés par cette nuit agitée eurent le plaisir
d’accueillir le soleil au réveil. Plaisir relatif puisque le froid restait
mordant à presque 7000 mètres. Sans avoir le temps de déjeuner, l’équipe se
mis en route pour redescendre les 2200 mètres de dénivelée jusqu’au camp de
base. Ce fût une dure descente car 60 cm de neige fraiche avaient recouvert
les anciennes traces et tout le travail de traçage dû être refait….. Le
traceur de tête les avaient bien au frais !!!!
Le camp de base fût atteint en milieu d’après midi. Réconfort pour tout le
monde et inquiétude pour l’un des membres puisque des gelures sont apparues
sur certaines phalanges. Le verdict sera confirmé : de nombreux doigts
gelés superficiellement et l’un jusqu’au second degré ce qui est
heureusement bénin et guéri très bien en quelques semaines. Le rapatriement
en hélicoptère est néanmoins en cours d’organisation pour Raoul.
Pour les autres membres de l’expé, le moral est très bon. Malgré le
caractère délicat de cette montée au camp III, tout le monde a très bien
enduré des conditions difficiles et la confiance des uns envers les autres
a été scellée. Ceci permet d’envisager avec optimisme un assaut prochain
pour le sommet quand les conditions météo seront plus favorables. Pour
l’instant, elles ne l’ont pas été et ne sont pas propices à une possibilité
d’ascension. Seul un créneau météo digne de ce nom nous permettra de
repartir dans les camps d’altitude et le sommet !
Toute l’équipe

Jour 18: Camp 3 – Camp de base

Stéphane est de retour au Camp de Base aujourd’hui. La journée a été belle….beaucoup plus belle que celle d’hier et que la nuit passée au Camp 3.



Ecoutez Alain nous résumer la journée!

Alain, de retour au Camp de Base