Etroite bande de terre de 150.000 km2 , coincée entre les deux géants asiatiques, la Chine au nord et l’Inde au sud, le Népal présente d’étonnantes caractéristiques géographiques : ses plaines du sud ne s’élèvent par endroits qu’à 70 mètres au-dessus du niveau de la mer tandis que les sommets enneigés de sa chaîne himalayenne dépassent les 8000 mètres…
Une des grandes particularités du Népal est l’attrait qu’il exerce sur les touristes, chaque année de plus en plus nombreux. Ouvert aux étrangers depuis 1951, il a su garder intactes sa culture, ses traditions et ses coutumes, et cela malgré la relative modernisation de sa capitale. Mais si le tourisme, de mieux en mieux géré, rapporte d’indispensables devises, il comporte également son lot d’inconvénients : dans certaines régions, les bouleversements sociaux et économiques sont importants, de même que les dégradations de l’environnement.Le Népal est aussi un pays de fêtes. Gaies et colorées, spontanées ou organisées en l’honneur de Bouddha, Vishnou ou encore Shiva, elles drainent dans leur sillage les népalais de toute ethnie et de toute religion. Il est vrai que la tolérance est de mise dans ce royaume où coexistent dans la plus grande harmonie hindouisme et bouddhisme.
La réalité quotidienne n’en reste cependant pas moins cruelle: le Népal est l’un des Etats les plus pauvres de la planète. Son économie est faible et le niveau de vie de sa population est au plus bas : la situation sanitaire est déplorable, le taux d’analphabétisme atteint les 70 %, l’espérance de vie n’est que de 50 ans , la mortalité infantile est critique.
Après des siècles d’isolement et de dictature, les dernière années marquent un changement profond. Le royaume du Népal est à la charnière de deux époques : le temps des monarques et de leur absolutisme héréditaire est terminé. Mais la transformation d’un Etat féodal de droit divin en démocratie moderne ne se fait pas sans heurts et sans douleurs.
En 1996, les maoïstes , rebelles issus de la gauche du parti communiste, déclenchent une guerre civile au Népal, entraînant le pays dans une profonde crise politique et économique. En dix ans, elle a entraîné de terribles souffrances pour la population , des pertes humaines considérables, plus de 12 000 morts, une conjoncture catastrophique et une émigration telle que ce paradis de l’alpinisme et du trekking n’en avait jamais vu. En juin 2001, le roi Birendra et la famille royale sont massacrés par Dipendra, le prince héritier. En février 2005, sous prétexte de lutter contre la guérilla, le nouveau roi, soupçonné de complot contre la famille assassinée, durcit son pouvoir après un coup d’état et se mue en dictateur. En février 2006, Gyanendra propose cependant des élections. Considérées comme un premier pas vers le rétablissement de la démocratie, elles se révélèrent cependant un échec majeur pour le roi qui les avaient voulues, mais un succès pour les partis de l’opposition et la rébellion maoïste, qui avaient appelé au boycott, avec une abstention record de 90%. Les maoïstes continuent leur lutte sanglante. En avril 2006, Gyanendra cède aux pressions du peuple , acceptant de faire des concessions importantes.
Le 21 novembre 2006, un traité de paix fut signé . En février 2007, un gouvernement transitoire, né d’une coalition de sept partis démocrates et de maoïstes, redéfinit le rôle du roi et établit une nouvelle constitution. Des élections , programmées en novembre 2007, ont lieu finalement en avril 2008, avec une victoire relative des Maoïstes. Ces élections débouchent sur l’instauration de la République démocratique fédérale du Népal le 28 mai 2008. Le 21 juillet 2008, l’assemblée élit Ram Baran Yadav , membre du Congrès népalais, à la Présidence de la République.


